Pas de panique : les zombies n’existent pas.
          Depuis quelques mois, on assiste à une soudaine prolifération de faits divers morbides et sanglants poussant les gens à croire que l’invasion zombie est finalement commencée. Tout a commencé à Miami avec un homme surpris, en plein jour, à dévorer le visage d’un sans-abri. On relate ensuite l’histoire d’un étudiant du Maryland qui a mangé le cœur et le cerveau de son compagnon de chambre. Au Texas, une mère tue son bébé pour lui dévoré le cerveau. Il y a aussi le cas de cette homme qui après s’être poignardé à lancé ses propres intestins aux visages des agents de police du New Jersey venus l’arrêter. Depuis les évènements survenus à Miami, les exemples évoquant le zombie s’additionnent. On pense aussi à l’apparition de cette nouvelle drogue, nommée Krokodil, qui ronge la chair de ceux qui la consomment, leur donnant, du même coup, l’étrange apparence d’un zombie. Il y a aussi les drogues appartenant à la catégorie des « sels de bains » qui provoquent des délires poussant au cannibalisme.


          L’intérêt pour la figure du zombie a augmenté depuis le début des années 2000. Les jeux vidéos et les films le mettant en scène remportent énormément de succès. On assiste aussi à l’émergence d’une littérature zombie, là où les comics et la bande dessinée régnaient en maître. Même le domaine scientifique est influencé par le zombie : en 2010, une scientifique américaine a imaginé dans quelles conditions un virus zombie pouvait être créé. En 2011, des chercheurs ont découvert, au Brésil, des champignons capables de prendre le contrôle des fourmis en les zombifiant. Plusieurs scientifiques des universités d’Ottawa et de Carlton se servent même de l’idée d’une apocalypse zombie et de ses conséquences comme hypothèse de départ pour leurs travaux. Si vous allez à l’Université de Glasgow, vous pouvez vous inscrire à l’Institut d’études théoriques sur les zombies. L’intérêt des universitaires et des critiques se manifeste également à Montréal où deux colloques sur le sujet ont eu lieu cette année.


          Dernièrement, la perspective et les craintes d’une invasion zombie ont grimpé en flèche. Depuis plusieurs semaines, les termes zombie et apocalypse zombie sont de ceux les plus utilisés sur Google, Facebook et Twitter. Cette série d’évènements sinistres survenus dans les derniers mois ont fait naître un questionnement inquiétant : le risque d’une contamination zombie est-il réel ? Est-ce que la fiction est en train de devenir réalité ? À tel point que l’agence fédérale américaine Center for Disease Control and Prevention (CDC) s’est sentie obligée de mettre un frein à ce vent de panique. En effet, la CDC a démentie officiellement, au début juin, toute menace zombie. Selon eux, il n’existe aucune maladie ayant les apparences d’une zombification, aucun virus ou maladie pouvant ramener les morts à la vie.


          Ces démentis officiels étaient presqu’à prévoir puisque la CDC a déjà utilisé le fantasme de l’invasion zombie pour leur campagne de prévention en cas de catastrophe naturelle lancée en mai 2011. Le docteur Ali Khan présentait la campagne en disant que : « Si vous êtes, d’une manière générale, bien équipés pour faire face à une attaque massive de zombies, vous serez également préparés à affronter un cyclone, une épidémie un tremblement de terre ou une attaque terroriste. Alors s’il vous plaît, prenez un kit, organisez-vous et soyez préparés ». Le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a également conçu une campagne de prévention sur le thème de l’invasion zombie en mai 2012 afin de promouvoir leur site d’information au sujet des catastrophes naturelles pouvant survenir dans leur région. Présentée sous forme de blogue, les gens peuvent échanger comme s’ils se trouvaient en mode survie après une attaque de zombies. Le site en profite pour y intégrer les liens vers les ressources réelles mises en place en cas de catastrophes naturelles.


          Il n’y a donc pas d’invasion zombie. Du moins, pour le moment…

Mélissa Boudreault